A l’occasion de la sortie du film la vague, quelques références de livres et de films sur les thèmes de la dictature, de l’obéissance et du conformisme
La vague, cela commence par un jeu et finit en dictature… tout est dans le titre du livre de Todd Strasser. Basé sur l’expérience faite en 1969 par un professeur d’histoire américain à Palo Alto, en Californie, ce petit livre démonte les mécanismes de la dictature.
Dans le livre la vague, pour faire comprendre à ses élèves comment le nazisme a pu exister et s’étendre, Ben Ross (Ron Jones dans les faits) propose à ses élèves de créer un mouvement, la Vague, aux slogans forts : «La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action». En l’espace de quelques jours, le paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.
La vague, ce sont également une bd jeune public et un film qui sort en salle le 4 mars. Réflexion intéressante sur les mécanismes de l’obéissance et de la dictature, même si les faits sont exagérés dans le film, la vague laisse des traces.
Le sujet de la vague m’a fait penser à l’excellent reportage “Les yeux bleus” (”A class divided”) qui traite plus particulièrement du racisme. Là encore basé sur l’expérience d’une prof, Jane Elliott, encore une fois aux Etats-Unis dans les années 1960-70.
En quelques mots, le reportage traite à la fois de l’expérience originelle de Jane Elliott (au lendemain de l’assassinat de Martin Luther King) et des séminaires de sensibilisation sur le racisme qu’elle effectue toujours, des années plus tard.
Dans sa classe, elle divisa les élèves en 2 groupes : les yeux bleus et les yeux marrons. Pour bien les reconnaître de loin, les “yeux bleus” portaient une sorte de collerette. Ils n’avaient pas le droit de boire aux robinets, ils étaient considérés comme plus bêtes que les autres, plus lents (car le soleil leur grille le cerveau).
Le résultat de l’expérience fut stupéfiant en peu de temps : les enfants du groupe “yeux bleus” étaient complètement mis de côté, ils intériorisèrent rapidement leur “différence”. La tristesse des “yeux bleus” est saisissante sur les photos “avant après”.
Dans le reportage, elle reprend cette expérience sur des adultes.
Toujours à la même époque et dans la même ville que la vague (coïncidence ?) eut lieu l’expérience de Stanford. En 1971 à Palo Alto, en Californie, dans l’enceinte du département de psychologie de l’université de Stanford, fut menée sous la direction de Philip Zimbardo une expérience destinée à étudier les relations entre gardiens et prisonniers dans les institutions carcérales. Dix faux prisonniers et onze faux gardiens furent sélectionnés, parmi soixante quinze candidats masculins ayant répondu à une annonce, parmi les plus solides physiquement et moralement, les plus mûrs et les plus sociables.
Participèrent également à l’expérience un surveillant, un directeur, un comité de libération sur parole et un comité de médiation. Initialement prévue pour durer quatorze jours, l’expérience dut être interrompue au bout de six jours seulement tant le comportement des gardiens devint sadique. Même les plus doux et les plus pacifiques, qui se croyaient parfois auparavant incapables de maltraiter un être humain, se muèrent rapidement en bourreaux méconnaissables. On peut trouver une description relativement détaillée de cette expérience dans L’esprit nu.
Une autre expérience sur le thème de l’obéissance aveugle : l’expérience de Milgram. Le film inspiré de cette expérience, “I comme Icare” m’avait fortement marquée.
Envoyer des décharges électriques pour une expérience anodine, le feriez-vous ? Jusqu’à quel point ? Quelle est le pouvoir de la “blouse blanche” sur les esprits ? Quelles sont nos limites face à la soumission ?
Je voulais clore cet article sur la vague par le musée de l’obéissance (aux Etats-Unis, again), mais je ne trouve pas d’infos sur le net, grrrrr (si vous avez des renseignements, n’hésitez pas).
Chouette
Virginie 26 février 2009 à 12:39:09
un Clad de bonne humeur, cooooooool
Ne nous méprenons pas, “Chouette” n’a rien à voir avec mon humeur du moment, si bien mise en exergue par notre administratrice.
Bien cordialement.
Clad (Claude pour les intimes)
^^
[...] le règne de l’uniformité (du conformisme ?), de la taille standard. Quand j’étais dans la norme, le plus dur était de me trouver un [...]