Il est rare que les prix littéraires m’incitent à acheter un livre, mais quand Ariel Wizman a parlé des « Contes carnivores » pour expliquer pourquoi, en tant que membre du jury du prix du style, il avait appuyé sa candidature, ma curiosité a été piquée. En effet, qu’y-a-t-il de plus insaisissable que le style, l’élégance littéraire ?
Le titre et le genre abordé -les nouvelles, m’ont incitée également à lire ce livre. Il m’a d’abord fallu dépasser le cap de la préface, un peu trop confuse pour plonger directement dans les « Contes carnivores » de Quiriny.
Quiriny nous embarque ensuite dans une série d’aventures fantastiques, traversées de fils rouges. Ces personnages récurrents donnent une plus grande profondeur aux histoires, tout en ajoutant une touche de fantastique supplémentaire. Par exemple, tel personnage devenu sourd réapparaît après, quelques années plus tard, sans ce handicap.
Le premier des contes carnivores nous plonge d’emblée dans l’atmosphère de Quiriny : « Orange sanguine » raconte l’histoire sensuelle d’un homme qui tombe sous le charme d’une femme à la peau d’orange (pas pleine de cellulite, non, non). Entre un évêque qui dispose de deux corps, une femme qui couve un œuf monstrueux, une société secrète qui admire les marées noires et bien d’autres curiosités, Quiriny sait nous tenir en haleine.
Le style dans tout ça ? Fluide, un je-ne-sais-quoi de surannée… Quiriny dépeint dans ses « contes carnivores » une société qui semble figée dans les années 1950, où les hommes sont banquiers et les femmes des épouses ou des maîtresses. C’est dans cette ambiance figée, rassurante, que se déroulent des aventures surprenantes, grain de sable dans un quotidien bien huilé.
Je ne sais toujours pas ce que signifie vraiment le style, mais je suivrai les prochains lauréats avec intérêt !
Bernard Quiriny, « Contes carnivores », éditions du Seuil, en vente chez Mollat