Agora, le dernier film d’Alejandro Amenabar (réalisateur de “Ouvre les yeux”, “Les Autres”, “Mar adentro”…), est à voir absolument.
J’ai été tellement emportée par Agora que je ne veux pas en faire une critique détaillée, juste vous fournir quelques infos afin de vous donner envie d’aller le voir à votre tour.
Agora nous présente Hypathie (magnifique Rachel Weisz) en but à l’obscurantisme du christianisme, qui écrase toute lueur d’esprit critique et de raison sur son passage. Les personnages masculins qui gravitent autour d’elle ne gâchent pas le film par un sentimentalisme gnan-gnan. Au contraire. Hypathie n’est pas un personnage idéalisé, elle est elle-même victime des préjugés de son époque (par exemple quand elle rabaisse son esclave à sa condition, ce qui le conduira à… vous le verrez bien).
Agora est un film simple en apparence, mais complexe, il soulève énormément de questionnements et des émotions très fortes. Péplum intelligent, il dose la violence et les sentiments des personnages avec justesse. Il s’agit d’une critique sans concession de l’aveuglement religieux face au doute nécessaire de la philosophie. La scène de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie constitue ainsi un moment intense.
Alors que je viens de finir Les Mémoires de Zeus, Agora tombe à point afin de poursuivre ma réflexion sur la religion en général et le monothéisme en particulier. Comme l’explique Maurice Druon, je suis persuadée que le monothéisme représente la négation de l’altruisme, car en déplaçant dieu de la Terre vers le néant, en lui niant toute humanité tout en le représentant comme un vieux barbu, en le laissant seul dans les cieux, ce type de pensée laisse la porte grande ouverte à la barbarie, à la volonté d’imposer le “seul vrai dieu” aux autres, qui ne sont que des païens, des infidèles, des hérétiques…
Parce que je trouve que la bande-annonce ne rend pas justice à Agora, voici un trailer sans commentaire.
A lire, l’excellente chronique de MonsieurWar, sur Skulking.